Amazon s’apprête à entrer sur le marché de l’internet satellitaire avec Leo, son ambitieux système en orbite basse. Toutefois, comme Starlink à ses débuts, le service ne proposera pas une couverture mondiale complète dès son lancement. En effet, les régions polaires resteront temporairement hors de portée. Un choix à la fois stratégique, technique et réglementaire.
Sommaire :
Amazon Leo : une constellation ambitieuse, mais progressive
Amazon Leo, anciennement connu sous le nom de Project Kuiper, a été conçu pour fournir un accès internet haut débit à l’échelle mondiale. Il fonctionne alors via une constellation de satellites en orbite terrestre basse (LEO). Le lancement commercial est attendu l’an prochain, après un démarrage en bêta privé pour certains clients professionnels. Cependant, la première génération du réseau ne couvrira pas l’intégralité du globe.
Dans sa configuration initiale, la constellation comptera plus de 3 200 satellites, avec une couverture comprise entre 56 degrés nord et 56 degrés sud. Concrètement, cela exclut une grande partie de l’Alaska, certaines zones du Canada, ainsi que le nord de l’Europe. Cette limitation n’est pas une surprise. Dès 2019, dans sa demande réglementaire auprès de la FCC, Amazon précisait que la couverture commencerait à ces latitudes avant de s’étendre progressivement.
Des éléments récents confirment cette stratégie. Une présentation interne d’Amazon Leo, ainsi qu’un message publié par United Launch Alliance, son partenaire de lancement, mettent explicitement en avant cette zone de couverture. De plus, des analyses indépendantes montrent clairement que les orbites ne survolent pas les régions polaires.
Cette approche rappelle fortement celle de SpaceX. Lors des premières phases de Starlink, les satellites visaient prioritairement les États-Unis et l’Europe. Et cela, avant que SpaceX ne déploie, à partir de 2022, des satellites spécifiquement dédiés aux orbites polaires.
VOIR AUSSI : Starlink : l’Internet spatial d’Elon Musk qui veut connecter le monde
Un retard stratégique face à Starlink
Amazon affirme néanmoins que Leo atteindra, à terme, une couverture mondiale complète, y compris les pôles. Pour cela, l’entreprise prépare une seconde génération de constellation encore plus massive, totalisant 7 774 satellites. Un dossier a été déposé auprès de la FCC en 2021, mais il est toujours en cours d’examen.
En attendant, Amazon accuse un retard significatif face à Starlink. SpaceX exploite déjà plus de 9 000 satellites et revendique plus de 8 millions d’utilisateurs dans le monde. Leo, de son côté, ne compte qu’environ 150 satellites opérationnels. Il devra encore obtenir des autorisations réglementaires dans de nombreux pays avant de lancer ses offres grand public.
Bref,Amazon Leo avance prudemment. Une montée en puissance progressive, mais indispensable pour espérer rivaliser avec le leader incontesté du secteur.
IdealoGeek est un média indépendant. Soutiens-nous en nous ajoutant à tes favoris sur Google Actualités :






