L’annonce est tombée comme un couperet. Deux modèles de smartphones, jusqu’ici en vente en France, viennent d’être déclarés non conformes aux normes européennes en matière d’ondes électromagnétiques. L’Agence nationale des fréquences (ANFR) a décidé leur interdiction immédiate, en ordonnant leur retrait du marché et un rappel massif auprès des utilisateurs. Si vous possédez l’un de ces appareils, il est urgent de vérifier. Voici pourquoi.
Sommaire :
Des smartphones épinglés pour un niveau d’ondes trop élevé
L’affaire concerne deux modèles bien précis : l’Ulefone Note 16 Pro et l’Oukitel WP28. Derrière ces noms un peu obscurs, se cachent des smartphones commercialisés en France via plusieurs plateformes, dont Amazon.
Les contrôles menés par un laboratoire accrédité ont révélé des dépassements préoccupants du DAS “membre”, c’est-à-dire le débit d’absorption spécifique mesuré lorsqu’un téléphone est en contact direct avec une partie du corps (main, bras, poche, etc.).
- Ulefone Note 16 Pro : 4,78 W/kg (au lieu des 4 W/kg autorisés)
- Oukitel WP28 : 4,06 W/kg
Des résultats qui dépassent la limite réglementaire européenne et exposent les utilisateurs à une absorption excessive d’ondes électromagnétiques, avec des risques potentiels pour la santé.

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Pourquoi ces dépassements sont-ils si graves ?
Le DAS est un indicateur essentiel pour garantir la sécurité sanitaire des usagers de smartphones. Il mesure la quantité d’énergie émise par les appareils et absorbée par le corps humain.
En Europe, les seuils sont stricts :
- 4 W/kg pour les membres
- 2 W/kg pour la tête et le tronc
Ces limites sont fixées avec une large marge de sécurité pour minimiser les risques. Néanmoins, lorsqu’elles sont franchies, les autorités doivent agir, surtout dans un contexte où l’exposition est quotidienne.
Les deux modèles concernés ont été testés avec leurs versions logicielles respectives, et malgré une mise en demeure adressée aux fabricants, aucune mesure corrective n’a été prise. Contrairement à Apple, qui avait pu corriger un cas similaire avec l’iPhone 12 via une mise à jour, les sociétés Tesskoni Tech (Ulefone) et Bogdan Constantin Ecobici (Oukitel) sont restées passives.

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Un retrait immédiat ordonné par l’ANFR
L’Agence nationale des fréquences n’a pas traîné : elle a publié deux décisions officielles le 17 février 2025, imposant :
- Le retrait des appareils de tous les circuits de distribution, qu’il s’agisse de boutiques physiques ou de plateformes de vente en ligne
- Le rappel des téléphones déjà vendus
- La vérification sur le terrain par des agents de l’ANFR que ces modèles ne sont plus proposés à la vente
Les distributeurs doivent donc prendre l’initiative de retirer les produits et informer leurs clients. En vertu de l’article R. 20-13-1 du Code des postes et des communications électroniques, ils sont tenus légalement d’agir en cas de non-conformité constatée.
Êtes-vous concerné ? Voici comment vérifier
Les utilisateurs déjà en possession d’un Ulefone Note 16 Pro ou d’un Oukitel WP28 sont invités à :
- Vérifier le modèle exact de leur téléphone
- Consulter la version système installée (pour Ulefone : SH1_EEA_V10 / pour Oukitel : EEA_V19_20240105)
- Rapporter immédiatement l’appareil au point de vente ou le renvoyer dans le cas d’un achat en ligne
En cas de doute, le site de l’ANFR propose des informations détaillées sur le DAS des modèles commercialisés en France.
Un rappel rare mais révélateur
Ce type de rappel est rare, mais pas inédit. En 2023, l’iPhone 12 avait lui aussi été brièvement interdit de vente après un dépassement du DAS. Cependant, Apple avait pu rétablir la conformité par une mise à jour, limitant ainsi l’impact. Ce n’est pas le cas ici.
Les marques en question sont peu connues du grand public, mais cela ne signifie pas qu’elles sont absentes du marché. Leur présence sur Amazon ou d’autres plateformes rend ces modèles accessibles à un large public, souvent attiré par leur petit prix.
Que risque-t-on en gardant l’un de ces téléphones ?
À ce stade, les autorités ne parlent pas de danger immédiat, mais les dépassements sont suffisamment importants pour justifier des mesures drastiques. Une exposition prolongée à des ondes supérieures aux seuils réglementaires peut, à long terme, avoir des effets biologiques encore mal connus.
D’où l’insistance de l’ANFR : il ne s’agit pas d’une recommandation mais bien d’une injonction. Garder l’un de ces smartphones revient à s’exposer inutilement.
Un message fort envoyé au secteur
Avec ce retrait, l’ANFR envoie un signal fort : les fabricants doivent respecter les normes européennes ou faire face à des sanctions. Il en va de la protection des consommateurs, mais aussi de la crédibilité du marché.
Les utilisateurs, de leur côté, sont appelés à vérifier systématiquement le DAS d’un smartphone avant l’achat. Ce chiffre est souvent relégué en bas de fiche technique, mais il peut faire toute la différence.
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