Le Royaume-Uni impose désormais une vérification d’âge obligatoire pour accéder à une large gamme de contenus en ligne. Une première mondiale qui pourrait inspirer d’autres pays. Derrière l’objectif annoncé de protéger les mineurs, la mesure inquiète par son champ d’application élargi, les risques pour la vie privée et l’implication possible d’Apple. En effet, les services comme iMessage et FaceTime pourraient être directement affectés.
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Un cadre législatif en expansion
L’Online Safety Act (OSA), entrée en vigueur vendredi au Royaume-Uni, impose aux services en ligne de bloquer l’accès des mineurs à des contenus jugés « inappropriés ». Bien qu’annoncée comme visant les sites pour adultes, la loi s’étend à plus de 200 catégories de contenus. Cependant, ces dernières sont parfois définies de manière floue. Ce qu’on sait, c’est que les réseaux sociaux, l’accès à des informations sur la contraception ou la prévention des abus sexuels sont inclus.
Aux États-Unis, une législation similaire, le Kids Online Safety Act (KOSA), refait surface. Après un premier passage au Sénat, elle est à nouveau présentée à la Chambre et pourrait devenir loi dans l’année. Si tel est le cas, cela instaurerait un précédent mondial où de grandes plateformes, y compris celles d’Apple, devraient revoir leurs systèmes pour appliquer ces restrictions.
Néanmoins, cette extension inquiète. En effet, elle risque de restreindre l’accès à des informations utiles et d’établir un contrôle excessif sur l’usage d’internet.

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Des risques pour la confidentialité et une efficacité contestée
L’absence de normes techniques précises pousse certaines plateformes à recourir à des prestataires privés pour vérifier l’âge des utilisateurs. Ces services exigent souvent des données sensibles. Ils demandent par exemple une copie de pièce d’identité, exposant les internautes à des risques de fuite d’informations. Rappelons l’affaire AU10TIX où des données personnelles avaient été compromises.
La loi prévoit l’analyse des messages privés pour détecter du contenu illégal. Une mesure incompatible avec le chiffrement de bout en bout utilisé par iMessage, FaceTime ou WhatsApp. Enfin, l’efficacité de la mesure est remise en cause avec l’usage de VPN qui permet déjà de contourner la vérification d’âge.
Alors que les États-Unis s’apprêtent à adopter une législation similaire, Apple et d’autres géants du numérique pourraient être contraints d’adapter leurs services. Ces mesures atteindront-elles leur objectif sans compromettre les droits fondamentaux des utilisateurs ?
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