Le marché des mémoires électroniques fait face à une volatilité extrême des prix, avec le tarif de la RAM montant drastiquement à travers tous les secteurs. Le prix des 32GB DDR5 Pro est passé de 260 dollars à 498 dollars chez de nombreux détaillants. Globalement, les statistiques affichent une augmentation de 163 à 619%. Cette flambée des prix redéfinit l’économie et la construction des appareils électroniques, dont les ordinateurs, les smartphones, etc. De l’avis des experts, 2025 reste la meilleure année pour acheter des équipements, car ils affichaient un prix beaucoup plus raisonnable que ce que l’avenir laisse entrevoir.
Sommaire :
RAM sous tension: intelligence artificielle, à la barre !
L’explosion du prix de la RAM est la conséquence du concours de nombreux facteurs. Si l’on pourrait éventuellement parler du cloud qui se développe, le grand coupable est sans aucun doute l’intelligence artificielle générative. Dévoilée au grand public en fin d’année 2022 avec le lancement grand public de ChatGPT, elle n’a cessé depuis de connaître une évolution très remarquée, multipliant ses capacités et diversifiant ses usages.
L’intelligence artificielle et ses applications nécessitent une quantité massive de RAM pour de nombreuses raisons.
La première, et peut-être la plus importante, est la grande fenêtre des contextes. Les LLMs ont en effet besoin d’un grand contexte, allant de 128 000 à 256 000 tokens pour être en mesure de traiter une très longue portion de texte en une seule fois. Avec les usages qui se diversifient, ces fenêtres ne cessent de s’agrandir. Un besoin qui nécessite une quantité de RAM conséquente.
L’entraînement et le chargement de ces modèles, pour plus de précision dans les usages, constituent aussi des raisons de la consommation excessive en RAM. Pour qu’un LLM apprenne à comprendre et à être en mesure de générer, il est impératif de le nourrir sur des millions, voire des milliards, de données. Plus un modèle consomme de données, plus précis il devient dans en usage. Et qui parle d’usage parle de la rapidité dans les réponses. Une contrainte qui conduit au chargement du modèle en mémoire. Là aussi, la quantité de RAM requise n’est pas négligeable.
On ne saurait évidemment parler de tout ceci sans faire mention de la course effrénée à l’AGI que se livrent les géants de la tech : OpenAI, Google, Meta, Microsoft, Anthropic, etc. Cette compétition sans merci augmente la demande constante en mémoire RAM. Ces géants en achètent par kilotonne, mettant la pression sur une industrie qui n’y était pas préparée.
Le fabricant Micron a tout simplement annoncé arrêter de produire des RAM pour le grand public et se concentrer sur ses grands consommateurs. Une hausse de la demande qui a conduit les manufacturiers à prioriser les RAM pour serveurs et data centers, réduisant ainsi la disponibilité des RAM pour le grand public. En conséquence, la pénurie de la RAM touche, non seulement les assembleurs de PC, mais aussi les entreprises et particuliers.
VOIR AUSSI : Dell et Lenovo prévoient d’augmenter leurs prix alors que les pénuries de puces s’aggravent
Monter les prix d’appareils ou freiner l’innovation : les fabricants devront choisir
Que feraient nos PC, smartphones, consoles de jeux et autres appareils sans une quantité de RAM conséquente ? Les fonctionnalités seraient réduites et nous retournerions peut-être au début des années 2010, alors que 4Go de RAM était le standard. Pourtant, c’est l’une des options à envisager à partir de 2026, puisqu’aucun retour à la baisse des prix de la RAM n’est à l’horizon.
De mémoire d’hommes, la technologie est irréversible. Dès lors que le train est lancé, il n’y a plus de retour en arrière possible. Ceci laisse entrevoir que les innovations actuelles continueront en 2026. Avec elles, les experts entrevoient une montée drastique des prix des smartphones et autres appareils de première nécessité. Il s’agirait alors d’un choix fort de la part des fabricants ; un pari énorme, si nous arrimons cela au contexte économique difficile. À l’horizon, des ventes qui baissent et des pertes qui se chiffrent à des millions, voire des milliards.
Dans un contexte où il privilégie l’accessibilité, le secteur de la tech pourrait être forcé de revoir ses ambitions à la baisse : IA en local, Zoom numérique, Always on display, Ray tracing boosté à l’IA, la 8K, etc. Toutes ces fonctionnalités nécessitant des puissances de calculs extrêmes pourraient être réduites afin que les prix restent dans la fourchette normale.
Avec le chômage grandissant au sein des jeunes, l’IA redéfinissant le paysage de l’emploi, des compromis sont sans aucun doute nécessaires pour que la tech mondiale ne connaisse pas un arrêt brusque.
IdealoGeek est un média indépendant. Soutiens-nous en nous ajoutant à tes favoris sur Google Actualités :






