À l’occasion des journées mondiales sans téléphone portable, une réalité bien surprenante refait surface : ce ne sont pas uniquement les adolescents qui ont du mal à décrocher de leur écran. De plus en plus de seniors se révèlent eux aussi dépendants à leur smartphone. Loin du cliché du grand-parent dépassé par la technologie, certains retraités passent désormais plusieurs heures par jour sur leur téléphone, entre réseaux sociaux, appels vidéo et jeux. Mais à partir de quand parle-t-on vraiment d’addiction aux écrans ? Et quels sont les impacts sur leur santé et leur quotidien ?
Sommaire :
Les seniors, nouveaux accros au smartphone ?
Depuis quelques années, une transformation silencieuse s’opère. Le smartphone, autrefois perçu comme un gadget réservé aux plus jeunes, s’impose désormais aussi chez les plus de 65 ans.
Une dépendance grandissante
Selon une étude Ifop menée en 2024, 40% des Français de 65 ans et plus se disent dépendants à leur smartphone. Et la tendance est à la hausse. Ces chiffres impressionnent d’autant plus qu’on associait jusqu’à présent cette forme d’addiction à la génération des « digital natives ».
Mais les données sont claires :
- Les seniors passent 1h32 en moyenne chaque jour sur Internet via leur téléphone (source Médiamétrie).
- 43% des plus de 65 ans sont inscrits sur au moins un réseau social, notamment Facebook, Instagram, ou même TikTok.
- Pour 32%, cette utilisation intensive crée des tensions au sein du couple ou de la famille.
Autant de signes qui montrent que le phénomène ne se limite plus aux plus jeunes.
Le témoignage d’un pionnier… devenu accro
L’ironie de l’histoire réside peut-être dans le cas de Phil Marso, l’inventeur des journées sans téléphone portable. À 62 ans, il confesse aujourd’hui être lui-même tombé dans le piège. « Je suis devenu accro en trois semaines à TikTok », avoue-t-il. « Je passe au moins cinq heures par jour sur mon téléphone, surtout sur les réseaux sociaux. »
L’auteur du livre Tueur de portable sans mobile apparent, qui dénonçait il y a 25 ans déjà les dérives du numérique, se dit aujourd’hui dépassé. « Quand vous vous baladez dans la rue, vous voyez des ‘zombiphones’. C’est navrant », constate-t-il.

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Pourquoi les seniors se tournent-ils vers le smartphone ?
Si cette dépendance peut inquiéter, elle ne vient pas de nulle part. Le téléphone connecté s’impose progressivement comme un outil de lien social et de stimulation mentale.
Un outil contre l’isolement
Pour de nombreuses personnes âgées, le smartphone représente un pont avec leurs proches. WhatsApp, appels vidéo, groupes familiaux : le téléphone devient leur principal moyen de communication. Dans les maisons de retraite, on aperçoit des téléphones sur les tables, à côté des pelotes de laine. Comme le dit Roseline, 78 ans : « C’est un besoin. Avant, comment on faisait ? »
Une fenêtre sur le monde
Certaines retraitées expliquent leur usage par la soif de curiosité. « J’ai Instagram, WhatsApp… Je regarde plein de choses, j’adore apprendre », confie l’une d’elles à RTL. Le smartphone leur permet de rester informées, connectées et actives intellectuellement.

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Une addiction pas toujours mauvaise… mais à surveiller
À partir de quand peut-on parler d’addiction au smartphone ? Et surtout, est-ce réellement dangereux pour les seniors ?
Des repères à prendre avec prudence
Le temps d’écran à lui seul ne suffit pas pour poser un diagnostic. Pour la psychiatre addictologue Geneviève Lafaye, « on peut passer du temps sur son portable tant qu’on maintient une vie sociale et des activités ».
Autrement dit :
- Si l’usage du smartphone n’interfère pas avec les activités quotidiennes, il n’est pas forcément problématique.
- En revanche, si l’écran remplace les interactions réelles, altère le sommeil, ou crée un isolement, alors il faut tirer la sonnette d’alarme.
Des effets cognitifs parfois positifs
Contre toute attente, le smartphone peut aussi avoir des effets bénéfiques, notamment dans la prévention de la maladie d’Alzheimer. En sollicitant la mémoire, les fonctions exécutives et la coordination, certaines applications peuvent stimuler le cerveau.
Le téléphone devient alors un outil de prévention plutôt qu’un danger, à condition bien sûr de savoir en faire un usage équilibré.

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Le smartphone, nouveau compagnon des plus de 65 ans
Il est donc temps de changer notre regard sur les seniors et leur rapport à la technologie. Oui, les plus âgés sont eux aussi happés par les écrans. Et non, ce n’est pas toujours un problème. Mais comme pour tous les publics, il faut savoir poser des limites et sensibiliser à une utilisation raisonnable.
Les seniors ne sont plus à l’écart du numérique. Ils en sont désormais des acteurs à part entière, parfois même plus connectés que leurs petits-enfants. Reste à accompagner cette évolution avec bienveillance… et un soupçon de vigilance.
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Bonjour,
Merci de m’avoir cité dans votre article…..
Mais vous auriez du m’interviewer pour que j’explique en détail pourquoi l’inventeur des Journées Mondiales sans téléphone portable c’est fait piégé par Tiktok.
L’explication n’est pas plus complexe que cela….
Bonne journée
Phil Marso