Quel statut juridique pour devenir consultant informatique indépendant ?

Le métier de consultant informatique se prête bien à une activité d'indépendant. Vous souhaitez devenir freelance dans ce domaine mais vous ne savez pas quel statut choisir ? Voici quelques conseils pour y voir plus clair !
devenir consultant informatique indépendant

Vous souhaitez vous lancer en tant que consultant informatique indépendant, vous êtes développeur informatique et vous aimeriez créer votre entreprise ? Vous vous demandez certainement quelle forme juridique se prête le mieux à votre activité, si vous devez faire appel à un comptable, quelles sont les échéances fiscales et sociales à connaître ou encore quelles sont les formalités juridiques et administratives auxquelles vous allez être confrontées.

En effet, créer une entreprise peut sembler complexe et difficilement accessible. Toutefois, à travers cet article, nous allons répondre à toutes ces questions pour que vous puissiez aisément vous lancer en tant que consultant informatique freelance, et ainsi faire les meilleurs choix possibles. De plus, vous verrez qu’aujourd’hui le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) a permis l’apparition de nouveaux acteurs sur le marché de l’entreprenariat. Il est désormais possible de se faire accompagner et bénéficier de l’expertise de professionnels à des prix raisonnables et abordables, voir même gratuit. 

L’entrepreneuriat est en plein essor en France comme en témoigne le nombre de créations d’entreprises qui ne cesse de progresser chaque année. De plus, le marché du consulting informatique est un secteur d’activité en forte croissance car les compétences IT sont particulièrement recherchées et appréciées des entreprises. Que ce soit dans le domaine du développement web ou de la conception de logiciels, les compétences liées à la programmation informatique ont le vent en poupe. Vous trouverez donc facilement des missions, d’autant que de nombreuses plateformes de mise en relation sont à votre disposition.

Quelle forme juridique pour un consultant indépendant en informatique ?

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Le régime de la micro-entreprise (ex auto-entrepreneur)

Le statut d’auto-entrepreneur aujourd’hui appelé micro entrepreneur a été mis en place en 2009, pour faciliter l’accès à l’entreprenariat. C’est le régime le plus simple et il est souvent choisi par les entrepreneurs lorsqu’ils lancent leur activité.

En effet, la microentreprise est un régime ultra-simplifié. Les démarches de création sont plus accessibles et aisées que celles à effectuer pour une société. De plus, la comptabilité se résume à la tenue d’un livret des dépenses et des recettes, ce qui facilite grandement les obligations du micro-entrepreneur. Il n’y a pas de bilan ni de compte de résultat en fin d’exercice à produire. En tant que consultant IT sous le régime micro entreprise, vous n’avez donc pas besoin de faire appel à un expert comptable puisque la comptabilité à tenir est simplifiée. De plus, le calcul des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu est particulièrement simple car il se fait sur base du chiffre d’affaires. Vous pouvez donc l’estimer sans problème.

En revanche, le statut de micro-entrepreneur est rapidement limité car il existe des seuils de chiffre d’affaires à ne pas dépasser. Les voici :

ActivitéPlafond régimePlafond franchise de TVA
Prestation de service72 500€34 400€
Biens176 200€85 800€
Source : cci.fr

Autre point important, aucune charge n’est déductible avec cette forme juridique. Si vos dépenses sont importantes, nous vous conseillons donc de vous tourner vers un autre statut car cela ne sera pas à votre avantage

C’est pourquoi le régime de la microentreprise est souvent la solution de départ pour les développeurs et consultants informatique indépendants, qui se révèle rapidement inadaptée car limitée quand votre activité se développe.

Enfin, en tant que micro entrepreneur, il n’y a pas de distinction entre vous, personne physique, et votre entreprise. On dit que l’entreprise est en nom propre. Votre responsabilité est engagée de façon illimitée. Si vous ne parvenez pas à recouvrer vos dettes, vos biens propres ne seront pas protégés et pourront être utilisés pour les rembourser.

La création d’une société : SARL, EURL, SAS ou SASU ?

Comme nous venons de le voir, le régime de la micro entreprise est le premier pas vers l’entrepreneuriat. Il vous permet de vous lancer aisément grâce à des démarches de création simplifiées tout en vous allégeant de nombreuses formalités comptables. Toutefois il se révèle rapidement inadapté quand votre chiffre d’affaires dépasse les seuils et dès lors que vos dépenses deviennent importantes, car vous ne pouvez pas les déduire en charges.

La création d’une société est donc l’étape suivante dans votre vie d’entrepreneur. Elle peut effrayer et sembler complexe, toutefois nous allons voir ensemble que cela reste accessible et que de nombreuses solutions d’accompagnement se sont développées aujourd’hui pour les consultants IT indépendants.

La SARL et l’EURL

La SARL et l’EURL sont en réalité la même forme juridique, l’EURL étant adaptée pour un associé et la SARL pour plusieurs associés. Si vous êtes seul, vous vous dirigerez vers l’EURL et si vous êtes plus d’un associé vous choisirez la SARL. En SARL ou en EURL, les seuils de chiffre d’affaires n’existent plus. Vous pouvez donc développer votre activité, sans pour autant être rapidement limité et devoir changer de statut juridique.

De plus, grâce au statut de société, il y a désormais une distinction entre le dirigeant et l’entreprise puisque la société est dotée de la personne morale. Votre responsabilité en tant que dirigeant est limitée à la hauteur de vos apports, ce qui n’était pas le cas en micro entreprise. Si vous ne parvenez pas à rembourser des dettes, vos biens personnels ne pourront pas être saisis.

Le régime social rattaché à la SARL et l’EURL est celui du Travailleur Non Salarié ou TNS, comme en micro-entreprise. Vos cotisations sociales sont donc d’un montant raisonnable, mais la contrepartie est une moins bonne couverture face aux risques sociaux. C’est pourquoi nous vous conseillons de souscrire à des contrats de type loi Madelin. De plus, les dividendes sont elles aussi soumises à cotisations.

Enfin contrairement à la micro-entreprise, la SARL et l’EURL nécessitent la production d’une comptabilité plus complexe à savoir, bilan, compte de résultat ou encore déclaration de TVA. Mais désormais, vous pouvez enregistrer des charges qui seront déductibles, et donc vous permettront de réduire votre bénéfice imposable. La comptabilité ne doit pas vous effrayer car nous verrons qu’il existe des solutions d’accompagnement qui vous déchargent de toutes ces formalités.

La SAS et la SASU

La SAS et la SASU sont elles aussi identiques puisque le seul élément distinctif est le nombre d’associé. Dans une SAS, ils sont plusieurs alors que dans une SASU, il y a un associé unique. Tout comme la SARL et l’EURL, il n’y a pas de seuils de chiffres d’affaires à ne pas dépasser.

De plus, en SAS ou en SASU les sociétés sont dotées de la personnalité morale, ce qui vous permet de protéger vos biens personnels. Votre responsabilité est limitée à la hauteur de vos apports. Le régime social attenant est celui de l’assimilé salarié. Vos cotisations sociales sont plus élevées mais l’avantage est qu’elles vous couvrent aussi mieux, elles assurent une meilleure couverture que les TNS.

Concernant la comptabilité à tenir, elle est sensiblement la même qu’en EURL ou en SARL. Vous devez produire lors de chaque exercice un bilan, un compte de résultat, une déclaration de TVA etc. Toutefois, nous vous expliquons ici comment vous faire accompagner dans ces démarches et bénéficier de conseils.

L’avantage principal de la SAS et de la SASU, est que les dividendes ne sont pas soumises à cotisations sociales. De plus, si vous percevez les ARE, que vous créez votre société en SAS/SASU, et que vous décidez de ne pas vous verser de salaire, vous ne paierez pas de charges sociales car il n’existe pas de minimum forfaitaire à payer, ce qui n’est pas le cas pour la SARL/EURL.

Se faire accompagner par des professionnels

Choisir une forme juridique est souvent complexe car cela nécessite des compétences juridiques ainsi que des connaissances fiscales pour être capables de faire les meilleurs choix possibles. Nous avons vu que le régime de la micro entreprise est relativement accessible car simplifié. Toutefois, en tant que consultant informatique, il ne vous sera adapté que dans la limite des seuils du chiffre d’affaires énoncés plus haut. Et nous savons que le secteur de l’informatique et des nouvelles technologies se développe rapidement et que la micro entreprise ne sera qu’une solution temporaire. C’est pourquoi nous vous avons présenté la SARL, l’EURL, la SAS et la SASU.

Si vous souhaitez bénéficier de conseils et d’un accompagnement dans la création de votre entreprise, sachez qu’aujourd’hui tout un écosystème s’est développé autour des freelances et de leur accompagnement. Chez L-Expert-Comptable.com, cabinet d’expertise comptable en ligne, spécialisé dans l’accompagnement des freelances, ils proposent une offre 100% gratuite pour aider les futurs freelances à se lancer et ne pas se laisser déborder par toutes les tâches administratives, jusqu’à l’obtention de votre Kbis. L’avantage c’est que tout se fait en ligne, donc plus rapide, votre entreprise peut être créee en une semaine. Ils conseillent en illimité, ça fait du bien de se sentir accompagné, et d’avoir des réponses à ses questions.

VOIR AUSSI : Comment devenir mandataire immobilier indépendant ?

Les aides aux créateurs d’entreprises dont peut bénéficier le consultant en informatique

Beaucoup de créateurs d’entreprises sont d’anciens salariés qui souhaitent se lancer en indépendant et ainsi travailler pour leur propre compte. C’est le cas pour nombre de développeurs et spécialistes IT. Lorsque vous quittez votre emploi salarié pour devenir consultant freelance, vous pouvez prétendre à différentes aides car l’Etat a souhaité faciliter l’accès à l’entreprenariat.

L’exonération ACRE ou l’Aide à la Création et à la Reprise d’Entreprise

ACRE : l’Aide à la Création et à la Reprise d’Entreprise

Elle est destinée à tous les créateurs d’entreprise et donc vous pouvez en bénéficier si vous vous lancez en tant que consultant IT. L’ACRE permet à votre entreprise d’être exonérée partiellement ou totalement de charges sociales pendant un an.

L’ARE ou l’Aide au Retour à l’Emploi

C’est l’allocation versée par Pôle Emploi tous les mois à tous les chômeurs. En tant que futur consultant freelance vous pouvez en bénéficier si vous êtes “involontairement privé d’emploi”. Le terme involontaire englobe la rupture conventionnelle, le licenciement pour motif personnel ou économique, le démission considérée comme légitime ou encore le non renouvellement de CDD. Il faut également avoir cotisé suffisamment longtemps pour y prétendre.

Quel est l’intérêt pour vous, futur consultant IT, de toucher l’ARE ? Cela vous permet de bénéficier d’un revenu stable pendant la transition entre emploi salarié et entreprenariat. En effet, le temps que votre projet voit le jour, l’allocation perçue vous permet de subvenir à vos besoins. Cela vous décharge également d’un poids, car vous pouvez vous consacrer pleinement à la création de votre entreprise car vous avez un revenu assuré. 

Par ailleurs, sachez qu’en tant que créateur d’entreprise, vous pouvez continuer à percevoir l’ARE une fois cette période de transition passée. En effet, sous certaines conditions, il est possible de cumuler vos allocations chômage avec les revenus que vous dégagez grâce à votre entreprise.

L’ARCE ou l’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise

En tant que bénéficiaire de l’ARE, vous avez la possibilité d’opter plutôt pour le versement de l’ARCE. L’ARCE est un dispositif mis en place par l’Etat et remplaçant le versement mensuel des ARE par un capital versé en deux temps. Vous avez donc le choix entre 2 possibilités :

  • ARE : les allocations chômage mensuelles
  • ARCE : vos allocations sous la forme d’un capital perçu via deux versements

Avec l’ARCE vous toucherez 45% de vos allocations chômage (ARE) non encore perçues. Ce montant vous est versé sous la forme d’un capital en deux temps : une première fois dès que vous pouvez attester de la création ou de la reprise, puis une deuxième fois 6 mois plus tard, à condition que vous n’ayez pas mis fin à votre projet entre temps. Les 55% restants ne sont récupérables que si vous cessez votre activité.

Être consultant informatique indépendant en France

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L’essor de l’entreprenariat français

Le marché de l’entreprenariat français est en pleine croissance comme nous pouvons le constater avec le nombre de créations d’entreprises qui est en constante progression. 2019 est l’année ayant enregistré le plus de créations, d’après une étude élaborée par l’INSEE. Le contexte économique, en France, est donc favorable si vous souhaitez vous lancer et gagner rapidement de l’argent, et ce même après la crise sanitaire que nous avons traversé.

En effet, le COVID-19 a dans un premier temps provoqué un fort ralentissement économique puisque l’INSEE a enregistré pour les mois de mars et d’avril 2020 de fortes diminutions concernant le nombre de créations d’entreprises et cela dans tous les secteurs. Les activités ayant été le plus impactées par la crise sont l’hébergement et la restauration, les services aux ménages et les activités immobilières. Fort heureusement, dès le mois de mai 2020, la reprise économique s’est faite sentir puisque progressivement le nombre de créations d’entreprises est reparti à la hausse. En juin 2020, il retrouve son niveau de croissance d’avant crise.

Les créateurs d’entreprises sont aussi soutenus par l’Etat français qui a développé de nombreux dispositifs visant à faciliter l’accès à l’entreprenariat. Les pouvoirs publics savent que les créations d’entreprises contribuent au dynamisme de la croissance économique française, c’est pourquoi ils ont souhaité simplifier les démarches et accompagner les futurs créateurs par le biais d’aides financières que nous verrons plus bas dans cet article. En tant que futur consultant informatique freelance, vous y êtes éligibles ce qui vous apportera davantage de sécurité financière.

Le marché des consultants informatiques freelances

Les métiers du conseil connaissent une croissance importante en France, et particulièrement ceux exercés dans le numérique. En effet, une récente étude de l’INSEE montre que le secteur d’activité le plus porteur en France et générant le plus de créations est celui des “activités spécialisées,  scientifiques, techniques et de soutien aux entreprises”. Si vous souhaitez vous lancer en tant que freelance IT, sachez que le contexte économique et l’état actuel de ce marché vous sont favorables car en croissance continue.

En effet, les entreprises de toutes tailles ont d’importants besoins concernant les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Le numérique se développe sans cesse mais nécessite des compétences pointues en la matière. De plus, pour survivre dans un monde toujours plus concurrentiel, elles n’ont d’autres choix que d’investir dans la technologie. Si les grands groupes ont les moyens d’embaucher à temps plein des ingénieurs informaticiens ou des développeurs, ce n’est pas le cas des petites et moyennes entreprises qui vont privilégier l’intervention ponctuelle de freelances. Faire appel à un consultant indépendant, permet à ces sociétés de bénéficier de l’expertise de professionnels, sans pour autant avoir à s’engager sur du long terme avec un contrat salarié. De nombreuses plateformes comme Malt ou la Crème de la Crème, se sont développées et permettent aux entreprises de trouver le freelance qui répondra à leur besoin. Cette solution est de plus en plus prisée car elle représente un gain de temps important, les entreprises n’ont pas à déployer de moyens pour trouver le freelance qui sera en capacité de réaliser la mission. La plateforme se charge de tout cela. Les freelances sont aujourd’hui facilement accessibles et cela est accentué par le développement des technologies, car les déplacements physiques ne sont plus obligatoires.

En tant que consultant IT, vous apprécierez également de recourir aux plateformes car elles vous permettent de décrocher facilement des contrats tout en économisant le temps que vous auriez passé à démarcher de potentiels clients. Vous pouvez également diversifier vos interventions ce qui vous permet de multiplier vos expériences, et ainsi le valoriser lors de vos prochaines missions. Enfin, la facturation de vos services est simple car on vous demande la plupart du temps d’utiliser un TJM ou Taux Journalier Moyen. Une fois ce taux défini, vous le multipliez par le nombre de jours passés sur la mission ce qui détermine votre rémunération.