Depuis que l’intelligence artificielle générative a explosé en termes d’adoptions, le monde entier a pris connaissances de ses risques. Aujourd’hui, la peur de perdre son emploi grandit de plus en plus. De même, les risques en termes de cybersécurité ne cesse de croître, car l’IA est devenue une alliée de taille pour les cybercriminels. Face à cela, OpenAI vient de publier un document intitulé Une politique industrielle à l’ère de l’intelligence : des idées pour donner la priorité à l’humain. Treize pages dans lesquelles l’entreprise à l’origine de ChatGPT alerte sur les dangers de ses propres technologies et propose une série de mesures pour en atténuer les effets. Le document aborde deux grands fronts : les risques sécuritaires liés à l’émergence d’une superintelligence et l’impact de l’automatisation sur le monde du travail.
Des menaces que l’entreprise juge imminentes
Dans une interview accordée au média Axios en parallèle de la publication, Sam Altman n’a pas cherché à minimiser les risques. Selon lui, une cyberattaque d’envergure rendue possible par des modèles d’IA avancés est désormais envisageable à l’horizon d’un an. Il ajoute que l’utilisation de l’IA pour concevoir de nouveaux agents pathogènes n’est plus du domaine de la spéculation.
Face à ces scénarios, le rapport préconise des protocoles de confinement applicables aux systèmes d’IA qui adopteraient des comportements autonomes non souhaités, capables de se répliquer ou de muter hors de tout contrôle humain. OpenAI reconnaît que de tels systèmes ne pourraient pas être facilement neutralisés une fois déployés, ce qui justifie selon l’entreprise d’anticiper ces situations avant qu’elles ne se produisent.
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Un agenda social inattendu
La partie la plus surprenante du document concerne le monde du travail. OpenAI y formule des propositions qui tranchent avec le discours habituel des grandes entreprises technologiques.
L’entreprise préconise d’abord la création d’un fonds national de richesse publique, alimenté en partie par les bénéfices des sociétés spécialisées dans l’IA, dont une partie serait redistribuée directement aux citoyens américains. Elle recommande ensuite de taxer davantage le travail automatisé et les profits des géants technologiques, plutôt que les revenus des travailleurs, dans l’objectif de préserver les systèmes de protection sociale.
Enfin, le document plaide pour le passage à une semaine de 32 heures, au motif que les gains d’efficacité apportés par l’IA rendent le modèle des 40 heures hebdomadaires obsolète.
Un rapport à replacer dans son contexte
Ce document paraît dans un moment précis pour OpenAI : l’entreprise vient de boucler une levée de fonds de 122 milliards de dollars et prépare son introduction en bourse. Le Congrès américain s’apprête par ailleurs à engager un débat législatif de fond sur la régulation de l’intelligence artificielle.
Ce calendrier invite à lire le document avec un certain recul. Les grandes entreprises de l’IA ont régulièrement été critiquées pour des discours alarmistes qui servent, consciemment ou non, à positionner leurs produits comme incontournables dans le débat public. Alerter sur les dangers d’une technologie que l’on perfectionne activement est une posture dont la sincérité mérite d’être questionnée.
Cela ne signifie pas que les inquiétudes soulevées sont sans fondement. Mais l’origine du message fait partie de l’information.
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