2025 n’est pas l’année que l’on a rêvé pour l’OS libre. On disait qu’il dépasserait les 10 % de parts de marché sur les PC de bureau. Pourtant, malgré une progression notable, Linux affiche encore une présence modeste à l’échelle mondiale, autour de 5 % des ordinateurs personnels. Les campagnes en sa faveur ne manquent pas pourtant : l’île de France et plusieurs villes de France et d’Allemagne l’ont massivement adopté. Les écoles d’informatique l’imposent d’emblée à leurs étudiants. Cependant, la grande évolution attendue peine à arriver.
Sommaire :
Une croissance réelle, mais encore limitée
Les données récentes montrent une dynamique paradoxale. Après des décennies à stagner autour de 2 – 3 % de parts de marché des OS de bureau, Linux a connu une hausse significative en 2025, portée par plusieurs facteurs, notamment la fin du support de Windows 10 et la résistance à Windows 11. Dans certains pays, comme les États-Unis, Linux a récemment dépassé les 5 % de parts de marché, un record historique, bien que ce chiffre soit encore loin de concurrencer Windows et macOS.
Des distributions comme Zorin OS ont largement contribué à cette progression. Adaptée pour ressembler à l’interface Windows et faciliter la transition, la version 18 de Zorin OS a été téléchargée plus d’un million de fois en quelques semaines après l’arrêt du support de Windows 10, avec environ 78 % de ces téléchargements provenant d’utilisateurs Windows.
De même, des projets comme Bazzite, basés sur Fedora et orientés gaming, ont émergé pour rendre Linux plus attractif aux joueurs et aux utilisateurs cherchant une expérience complète prête à l’emploi.
Malgré ces signaux encourageants, Linux reste encore marginal à l’échelle mondiale. Même si des données en France suggèrent une part plus élevée (parfois jusqu’à 11 % selon certaines sources), ces chiffres ne sont pas uniformément reconnus et peuvent varier selon les méthodes de mesure.
Les barrières psychologiques et techniques
Les facteurs qui empêchaient Linux hier demeurent encore.
Le confort des habitudes
L’un des obstacles les plus puissants est mental : la majorité des utilisateurs achètent un PC avec Windows préinstallé. Cette exposition initiale crée une habitude profonde qui rend toute transition vers un nouvel OS difficile. Même si Linux offre une interface graphique moderne, beaucoup associent encore Linux à un environnement technique ou réservé aux experts.
L’écosystème logiciel propriétaire
Un autre frein majeur est lié aux logiciels. De nombreuses applications professionnelles populaires, dont la suite Adobe Creative Cloud, certains logiciels métier propriétaires ou encore des jeux ne sont pas disponibles nativement sur Linux. Il est vrai qu’il existe des alternatives, mais ces dernières méritent encore vulgarisation avant d’être pleinement acceptées.
Même si je n’ai pas supprimé Zorin OS, j’ai dû réinstaller Windows à cause de Power BI, obligatoire pour passer un concours.
VOIR AUSSI : Zorin OS : comment installer et bien démarrer avec cette distribution Linux
Compatibilité matérielle et perception de complexité
Même si Linux s’est énormément amélioré sur la prise en charge du matériel moderne, il peut encore y avoir des problèmes avec certains périphériques : imprimantes, adaptateurs wifi, drivers graphiques propriétaires, etc. Cette réalité technique, réelle ou perçue, dissuade les utilisateurs qui veulent une expérience clé en main sans configuration supplémentaire.
L’effet Windows par défaut
Windows continue de dominer parce qu’il est systématiquement préinstallé par les constructeurs. Grâce à cette position par défaut, il bénéficie d’un énorme effet réseau : plus il est utilisé, plus les éditeurs ciblent Windows en priorité, ce qui renforce encore son attractivité relative.
Vers une adoption plus large… mais progressive
Il serait injuste de dire que Linux n’avance pas. La croissance observée en 2025, stimulée par la fin du support de Windows 10 et la montée des alternatives accessibles comme Zorin OS, montre que l’intérêt grandit. L’essor du gaming sur Linux (notamment grâce à Steam Proton et des distributions orientées jeu), les préoccupations de confidentialité, et la possibilité de redonner vie à du matériel ancien contribuent à cette dynamique positive.
Pourtant, malgré ces avancées, Linux reste un choix de niche pour l’utilisateur lambda. Il continue de souffrir d’un manque de visibilité commerciale et d’un support logiciel direct comparable à ce que proposent Microsoft ou Apple. Tant que ces obstacles subsistent, son adoption restera progressive plutôt que massive.
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